A la reconquête des légumes. Ép. 1 – Sourcer de bons produits 

Boutique au bout du champ de Paris 9è
ABDC, rue des Martyrs, Paris 9è. Viens rencontrer le céleri de ta vie.

Bien. Comme prévu, je n’ai pas tenu le rythme de mes miscellanées mensuelles. Au bout d’une seule édition, celle de janvier. C’est bien parti cette affaire. Je voulais y parler d’Au Bout du Champ, entre autres. Mais c’est tellement énorme Au Bout du Champ que j’ai décidé d’y consacrer un article en ENTIER.

Je l’ai déjà évoqué à plusieurs reprises ici. Les légumes et moi c’est une histoire compliquée. Pour les aimer, j’ai fait des efforts, c’est mon cheminement personnel. 

Une des choses qui me rebutent le plus, ce sont les légumes fades, standardisés. Les tomates ou les salades en texture plastique, bien brillants. Une des manières d’aimer les légumes, c’est déjà d’en acheter des bons, qui ont du goût, de belles textures, de belles couleurs. C’est devenu très important pour moi et ma famille. Ensuite il faut les cuisiner, bien les asaisonner, car les légumes flotteur c’est aussi ma hantise, mais ça c’est une autre histoire. “Respectez le produit” comme clament à tour de bras les candidats de Top Chef. 

Lorsque l’on commence à faire les courses avec ce prisme, ça commence à devenir sacrément prise de tête. Alors que je demande juste à manger des légumes bons ! C’est fou, ça ne devrait pas être une telle galère. Notre système est vraiment en sale état, l’agriculture est cassée. Sur ce constat triste et morne, il reste tout de même un peu d’espoir. 

État des lieux : 

  • En supermarché : les légumes ne sont pas terribles, très calibrés, le bio est une arnaque ultime, ils margent dessus comme des fous. 
  • En magasin bio : ce n’est pas nécessairement hyper green dans la mesure où certains fruits et légumes sont certes bio mais viennent de très loin. Bilan carbone bof. Et pas de respect des saisons. 
  • Pas évident de faire ses courses dans les primeurs de quartier. Idem, fruits et légumes pas de saison. Chers. From Rungis. Excellente sélection certes. Ils me rendent dingue à vendre des cerises en hiver. La clientèle le demande. Bah oui.  
  • Il y a les AMAP mais je ne suis pas hyper à l’aise avec le panier imposé. 
  • Enfin, la Ruche qui dit oui. J’ai fait pendant quelque temps, et j’ai lâché prise pendant ma grossesse, et je n’ai pas repris. 

C’est là où intervient mon sauveur, Au bout du champ. 

Au bout du champ, c’est une petite chaîne de boutiques . Six à Paris et Levallois-Perret. 

On y vend des légumes et des fruits produits en région parisienne, en circuit court donc. J’ai repéré le même concept à Strasbourg. Le magasin s’appelle La Nouvelle Douane, et tout fait drôlement envie. J’imagine que cela doit exister un peu partout en France. Pour moi, c’est le futur de l’alimentation. 

D’une part, le bilan carbone des légumes est excellent. 

D’autre part, cela permet de renouer avec la logique des saisons, comme faisaient nos aïeux (ambiance vielle conne c’était mieux avant). S’ils voulaient des tomates en hiver, il les mettaient en conserve. C’est ce que font toujours les Italiens d’ailleurs. Leurs conserves de tomates sont excellentes d’ailleurs. Je dévie un peu du sujet mais allez-y voir un coup. 

Le choix est restreint certes, mais cela permet de stimuler sa créativité, et d’apprendre à cuisiner de nouveaux légumes. Salut le céleri ! Salut le fenouil ! Salut X (remplacer par le légume oublié de votre choix) ! 

La nature étant bien faite, les saveurs des fruits et légumes qui poussent en même temps vont parfaitement ensemble. Champignons, courges et noisettes. Asperges et petits pois frais. Fraises et tomates. Ce sont aussi des fruits et légumes qui n’ont pas perdu leurs nutriments. Tout ce que j’ai pu goûter était délicieux. Leurs poires !!!! Mamma mia. 

Enfin, c’est plus économique. Comme il n’y a pas d’intermédiaire, les producteurs touchent 50% du prix de vente contre moins de 10% dans la grande distribution. Qui dit mieux ? Personne.

C’est beau, c’est bon, c’est vertueux.