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Ariane Grumbach, une assiette sereine

Tomates datterino, en provenance directe de la Sicile via Rap Epicerie

Tomates datterino, en provenance directe de la Sicile via Rap Epicerie, 4 rue Fléchier, Paris 9, la Mecque des produits italiens, sans les bousculades.

Je profite de ce bel été indien pour en faire durer les plaisirs: tomates au goût de tomate (incroyable!), figues et mirabelles, entre autres. Très peu, voire pas de chocolat. En été, je n’aime pas en manger, je ne suis peut-être pas une vraie accro après tout, et ce blog qu’une vaste usurpation. Je préfère manger une tranche de pastèque juteuse, ou n’importe quoi parsemé de menthe fraîchement ciselée et de zestes de citron (remember?). Je ne suis pas la seule, la baisse de consommation est notable en période estivale. Rien de bien surprenant.

J’avais donc envie de partager quelques réflexions échangées avec Ariane Grumbach sur l’alimentation. Ariane est diététicienne, cadre repentie reconvertie. Vous avez peut-être lu son interview par Camille Labro dans un récent M du Monde (la gloire), et testé sa recette de tarte aux pêches . Je vous recommande aussi son flux Instagram, qu’elle a démarré pour montrer à ses clients comment varier son alimentation au quotidien, en suivant les saisons. C’est une vraie source d’inspiration.

J’avais tenté mon va-tout et l’avais contactée au titre d’ancienne camarade de la même école de commerce pour comprendre son parcours de reconversion professionnelle, et en tirer pourquoi pas quelques enseignements. Chantre du plaisir à table, elle ne pouvait que me plaire. Et un fil en démêlant un autre, je lui ai proposé de poursuivre notre conversation autour du chocolat lors d’un deuxième rdv, ce qu’elle a accepté pour mon plus grand plaisir.

J’ai eu le droit à cette occasion à une attention délicate, peut-être héritée de ses nombreux voyages au Japon, à savoir une tablette de Cacao Cusco de Bonnat, qui en disait long sur ses choix – excellence, terroir, approche vertueuse. Elle m’a accompagnée toute la semaine qui a suivie, précieusement emballée, et grignotée petit à petit.

Le chocolat s’est révélé être un point de départ intéressant car il tient une place particulière dans la liste des aliments de notre quotidien. Très chargé d’affect, il focalise souvent nos névroses alimentaires et incarne bien les contradictions du rapport de l’humain à la nourriture, sujet passionnant et inépuisable.

Elle m’a raconté que de très nombreux clients n’en achetaient pas pour ne pas en avoir chez eux et être soumis à la tentation, voire succomber à de violentes compulsions alimentaires. C’est un comportement que je connais bien. Quand j’étais plus jeune il m’arrivait régulièrement de faire des raids sur les biscuits industriels, Pim’s, paille d’or, Kango, you name it. Mon alimentation et mon rapport à mon alimentation ayant évolué, dans le bon sens je l’espère, je craque sur d’autres choses. Résister à du praliné me demande un mental de moine shaolin et la durée de vie de granola, de fruits secs, ou de (bonne) glace tend vers zéro lorsque j’en ai chez moi.

Les injections contradictoires et définitives – sans lactose, sans gluten, sans sucres, cru, superfoods…- de médecins gourous relayés par la presse n’aident pas franchement à y voir clair. Loin des diktats, Ariane Grumbach préfère guider ses clients vers l’écoute de leurs sensations, et le plaisir du goût. Elle les aide à apprécier certains produits pour leur saveur, et non pour les représentations de réconfort qu’ils véhiculent. D’ailleurs, depuis que je tiens ce blog et ai développé de la distance par rapport au chocolat, j’en mange paradoxalement moins, et je m’attache beaucoup plus à sa qualité. Tout comme Ariane, je suis convaincue que lorsque les aliments sont goûteux, de saison, de qualité, ils nous apportent plus de satisfaction, et appelle moins la quantité. Mes dépenses alimentaires ont clairement pris du plomb dans l’aile, mais je préfère lorsque je peux me fournir à de bonnes adresses. Facile quand on habite pas très loin de la rue des Martyrs, qui nous pourvoie en beaux et bons commerces de bouche, à condition d’avoir un métier relativement rémunérateur, ou des enfants ayant une carrière de top model chez Jacadi.

J’en suis encore assez loin, mais je tends vers cette sérénité. SI vous souhaitez en savoir plus sur son approche, vous retrouverez la vision généreuse de l’alimentation d’Ariane Grumbach, et sa bienveillance dans son livre La gourmandise ne fait pas grossir!, paru récemment aux Editions Carnets Nord.