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Pimp my plateau (ou que ramener à une jeune mère à la maternité)

Délicieux plateau-repas de la maternité de Port-Royal

Désolée, ça fait un peu mal au yeux mais il faut bien affronter le réel. Instagram a rarement les faveurs de l’hôpital.  J’ai choisi le meilleur plateau des quelques jours passés là-bas, qui était le premier servi, et qui m’a donc donné de fausses joies pour la suite du séjour.

Un petit séjour express à la maternité avant l’heure, en guise de répétition générale disons, m’a inspiré ces quelques recommandations. Il faut bien que je contente de temps à autre ma Nadine de Rothschild intérieure, qui a sauté de joie à l’idée de dispenser ces quelques conseils.

Le milieu hospitalier n’est pas franchement propice à des experiences gastronomiques de haut vol. Certes, les plateaux-repas ont été grandement améliorés. Il faut reconnaître que mon expérience récente a été très honnête, à une exception près (oeufs durs et épinards bouillis, hard core). Avec 78 000 repas servis par jour, et une centaine de régimes spécifiques, il semble compliqué pour l’AP-HP de faire dans la subtilité. La restauration de collectivité s’épanouit dans tout un ensemble de contraintes logistiques, sanitaires et économiques. Les grands chefs sont prompts à signer des menus sophistiqués pour les classes Business des compagnies aériennes, mais ils gagneraient peut-être à se pencher sur cette problématique qui ne manque pas d’intérêt. Un menu signé Frechon ou Marx m’aurait bien branchée. Il semble tomber sous le sens qu’une alimentation qui apporte du plaisir doit favoriser le bien-être, et donc la guérison. Des chercheurs ont du largement se pencher sur le sujet. Dans mon cas, c’est très net sur le moral. Rien ne me déprime plus que de manger des aliments mous, fades et et sans contours.

J’ai donc demandé à mes visiteurs de me ramener quelques produits bien choisis pour améliorer mon ordinaire. Si une jeune femme de votre entourage accouche bientôt (aka une parturientes dans le merveilleux langage poétique de la médecine), je vous recommande chaudement de leur amener des bons produits pour leur séjour à la maternité. Ça sera de surcroît bien plus utile qu’un énième body 1 mois, voire, pire, qu’un millionième doudou :

  • Du bon pain de campagne ou de seigle tranché pour le petit-déjeuner, qui se conservera un peu mieux que de la baguette. Le pain industriel peut flinguer n’importe quel repas.
  • Quelques sachets de bon thé, au lieu de la poudre insipide servie au petit-déjeuner
  • Quelques fruits frais de saison
  • Quelques douceurs comme une tablette de bon chocolat, des biscuits secs, de bons fruits secs ou encore leur friandise préférée (barre Kinder pour moi please).
  • Et pourquoi pas un petit jus de fruits et légumes frais attrapé à la cantine bio du coin?

Les jeunes mères apprécieront aussi sûrement les produits interdits pendant la grossesse, par simple effet boomerang : sushi, saucisson, vin rouge etc. Mon meilleur souvenir pour la naissance de ma fille reste une part de hachis parmentier maison à J+3, qui avait le goût du ciel. Les césarisées devront fournir encore un ultime effort avec un à deux jours de l’affreux régime BYC, les trois lettres de la terreur (Bouillon Yaourt Compote) avant de se livrer à corps perdu dans une orgie de fromages au lait cru.

Minute astuce : le rebord de la fenêtre peut faire office de frigo lorsque les températures s’y prêtent (astuce repérée lors de ma dernière visite à ma grand-mère en maison de retraite. Un de ses petits camarades s’était fait une jolie collection de bouteilles bien frappées, le petit fripon).

C’est aussi valable pour des personnes hospitalisées. Tout ceci est bien sûr à adapter aux goûts personnels, à la durée du séjour et à un régime alimentaire spécifique si c’est nécessaire.