Tag Archives: japon

Mes cinq cantines japonaises dans le 9eme

Peco Peco

Derrière cette façade se cachent donburi, musique sixties et tables communales


Tendres lecteurs Milka,
Même si le Brexit aurait tôt fait de nous y plonger, sortons un peu la tête de la boîte à chocolat, voulez-vous?

Car de temps à autre, je rêvasse à la vie en banlieue, qui m’offrirait ses trottoirs larges, ses parcs accueillants et ses Auchan Drive. Mais trop de choses me retiennent pour l’instant à Paris 9, un vivier inépuisable de nouvelles tables. En particulier la myriade de petites cantines qui proposent au travailleur éreinté une nourriture fraîche, aux goûts clairs etaux prix raisonnables, à la tête desquelles caracolent les tables japonaises. La révolution du rice cooker est en marche. L’offre schizophrène qui oscillait entre sushi bas de gamme ou tables inaccessibles s’est élargie pour offrir aux parisiens de la cuisine du quotidien faite avec amour. Ramen, donburi et bento ont fait leur entrée. Difficile de les quitter pour les brochettes de boeuf au fromage des restaurants asiatiques de banlieue (désolée, je ne voulais pas faire remonter ce souvenir douloureux). 
Voici mes cinq adresse préférées: 

 

Tsubame

40 rue de Douai

Cette cantine au style en vogue, mobilier vintage et murs bruts, nous propose le midi un bento parfait, nourrissant, équilibré et raisonnable. Leurs aubergines au miso sont entrées dans mon panthéon personnel du bonheur et ils m’ont réconciliée avec les haricots verts grâce à une sauce extraordinaire au sésame. Je pourrai manger chez eux tous les jours. Le soir, place à l’izakaya, une succession de mets à partager qui penchent nettement du côté de la mer. Si vous avez la chance d’avoir une des tables près de la fenêtre, vous pourrez en bonus admirer les bras des tatoueurs de Tin-Tin, qui font leur pause clope en face. 

Bento de 12€ à 13€ le midi. 

 

Peco Peco

47 rue Jean-Baptiste Pigalle

Lorsque j’ai envie de changer de Tsubame, je vais chez Peco Peco. Et vice versa. C’est une petite cantine qui fait des donburi ultra-frais et précis le midi, et des kushiage le soir, à accompagner de vins natures ou de jus de fruits. Un bon point aussi pour les desserts délicats. 

Formules à 9€, 11€ et, décadence totale, à 12,50€ le midi

Ito Chan

2 rue Pierre Fontaine

L’adresse bis d’Ito est spécialisée dans les ramen au porc chashu, parfumées et réconfortantes. Ils aussi ont le bon goût d’être livrés par Take Eat Easy, ce qui en fait un met de choix les soirs de très grosse flemme. Lorsque j’ai recours à la livraison, je préserve un peu de leur bouillon de viande pour l’utiliser en sauce avec du poisson blanc simplement cuit au four, ce qui me permet d’assurer un deuxième repas facile dans la foulée.  Je rajoute aussi à la commande leur cookie matcha – chocolat noir ultra-réussi, qui change de l’association matcha – chocolat blanc, et qui fait office de goûter le lendemain. Hop, trois repas.

Ramen chashu à 12,50€, bento à 12€

 

Momoka

5 rue Jean-Baptiste Pigalle

Si je ne dis pas de bêtises, Momoka a du démarré la colonisation du quartier. Gloire aux aventuriers. Leur cuisine est plus raffinée, et va taper dans une fourchette de prix plus haute. La décoration, refaite récemment, n’est pas franchement à la hauteur des ambitions de l’assiette et n’est clairement pas le sujet, mais tout y est exquis. 

Premier menu à 29€, bento à emporter à 20€ ou 28€. 

 

Kiku

55 rue Richer

Anciennement table de poche aux plats raffinés, elles s’est muée récemment en traiteur avec quelques tables. C’est toujours aussi fin et délicieux, et plus accessible. Le chirashi est un véritable bijou de couleurs. 

 

Bonus Time : Yeno 

29 boulevard de Clichy

Vous ne l’aviez pas vu venir celui-là. Moi non plus. Je le rajoute, parce qu’il mérite toute notre attention malgré son emplacement pas folichon sur le boulevard de Clichy. Les bibimbap, bœuf bulgomi et hotok (galette au sucre brun) de Madame vous sustenteront avec bonheur à prix serrés, et les desserts français hyper réussis de Monsieur vous réconforteront. Une super adresse sans chichis oh oui. 

Formules à 8,50€, 11€ et, décadence ultime, 13€

Waaaaat?

Tendres lecteurs Milka,

Afin de clôre de manière éblouissante cette ambitieuse fresque dédiée au marron, je voulais vous montrer la petite goule du gâteau adorable dont je vous parlais précédemment, le Wa.

Un Wa en majesté

Un Wa en majesté

Inconnu au bataillon, malgré de longues heures à écumer le web à sa recherche au mépris de ma fatigue oculaire, je ne l’ai croisé que chez Aki Boulanger, le repaire des nippohiles gourmands de la rue Sainte Anne.

Un petit tour aux Tuileries est l’excuse toute trouvée* pour aller zieuter leurs rayons de patisseries métissées de yuzu ou de matcha, les bentos du jour, les onigiri, se faire une pause thé grillé (hojicha) et faire le plein de petites choses délicieuses. Les spécialités les plus connues sont l’éclair au matcha, l’opéra au matcha, le paris-brest au matcha, vous avez l’idée! Malins comme un singe, ils avaient aussi mis en avant lors de mon dernier passage les doryaki, ces petits pancakes fourrés de pâte de haricot rouges sucrée qui font l’objet du film assez gnangnan Les délices de Tokyo. C’est de bonne guerre.

Mais moi, c’est le Wa(te) que je préfère (voyez la blague?).

Anatomie d'un Wa

Anatomie d’un Wa

Il s’agit d’un petit pochon de pâte moelleuse au matcha, farci de pâte de azuki rouge, crème de marrons peu sucrée et de quelques cerneaux de noix, le tout cuit à la vapeur et très légèrement recouvert de sucre glace.

C’est presque frais, très doux et délicieusement fondant, avec un peu de mâche apportée par les noix. Le matcha, l’azuki et le marron fusionnent dans de délicates saveurs terreuses.

J’adore. Merci Aki.

Attention, je vais déflorer un secret. Le chef ne s’appelle pas Aki mais Fumiyo Takahashi, j’en étais toute chamboulée lorsque je l’ai appris. Elle fait partie de cette génération de chefs japonais, qui, après avoir pris d’assaut les restaurants gastro et les pâtisseries de la capitale, commencent à s’atteler au pain. Shinya Inagaji de Terroirs d’Avenir, fait pas mal de bruit en ce moment avec son pain de seigle. Il ne manque plus qu’ils s’attaquent à la fromagerie et on sera marron (et paf, la boucle est bouclée).

*Le cookie matcha-chocolat blanc de ma fille termine donc dans le bec des canards du bassin central. Gourmets les canards.

La tablette yuzu-matcha by Henri le Roux

kenavo.001

Avec cette jolie tablette au doux vert laiteux, le chocolatier breton Henri le Roux s’inscrit donc la mouvance culinaire niponno-bretonne devenue une évidence ces dernières années. Je pense en particulier à Olivier Roellinger, le premier chef à avoir marié les produits de la mer avec les épices, en particulier asiatiques, au Breizh Café et à sa crêperie qui cartonne à Tokyo, ou encore au beurre au yuzu de Bordier, le crémier star de Saint Malo (une addiction) qui rend n’importe quelle banale crêpe extraordinaire.  Continue reading