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Ce qu’il y aura dans mon assiette en 2017

sélection de livres du quotidien

Les indispensables, tout bien post-ités comme il faut

Au risque de paraître un poil antisociale,  je n’aime pas fêter le 31, et je trouve le fait de se souhaiter la bonne année assez artificiel. Dans ma représentation du temps, l’année se renouvelle en septembre,  la rentrée scolaire ayant sans doute laissé sa marque indélébile. Et je n’aime pas la galette non plus. Vivement février. N’étant pas non plus un ours mal léché, je remplis ma part du contrat social en souhaitant sincèrement mes voeux aux gens qui m’entourent. Il en va de même pour les résolutions, je ne me suis jamais fait de listes d’engagements à tenir sur l’année à venir.  Je fais des petits changements au fil de l’eau, sans plan précis. Quelques envies traînassent malgré tout depuis quelques temps et c’est l’occasion de les coucher sur le papier. Voici donc de vraies fausses résolutions culinaires pour l’année à venir :

1.    Survivre à l’arrivée d’un deuxième enfant dans un premier temps. 

2.    Manger plus de légumes, et élargir la palette des légumes que je cuisine, un travail de longue haleine entamé il y a quelques années. Les haricots verts, les épinards et les lentilles ont animé l’année précédente (oui je pars de loin). Mes cibles pour les mois à venir : les pois chiches, les fèves, le chou.

3.    Et pour ce faire, exploiter mes bouquins de référence pour cuisiner bon, frais et équilibré au quotidien : L’Encyclopédie de la cuisine végétarienne d’Estérelle Payany, A modern way to eat d’Anne Jones, Changer d’assiette de Keda Black et les trois livres de Yotam Ottolenghi : Le Cookbook, Plenty et Jerusalem. Je complète le tout avec les recettes fraîches et saisonnières des blogs de Clotilde Dussolier et de Pascale Weeks. J’ai arrêté d’acheter, à quelques exceptions près, des livres de cuisine de chefs, inaccessibles et trop compliqués à mettre en place dans la vraie vie des vrais gens.

4.    Investir dans un rice cooker pour avoir du riz toujours bien joufflu à la maison, et apprendre à cuire d’autres légumineuses avec. La charmante patronne de la cantine coréenne Yeno m’a recommandé d’aller me fournir chez ACE Mart, rue Sainte Anne, une épicerie coréenne du  quartier japonais autour d’Opéra. Bonus time : ils font -10% le samedi les gars !

5.    Planifier les repas de la semaine à l’avance pour éviter les coups de speed de dernière minute et les livraisons deliveroo, éviter le gaspillage, utiliser ce que j’ai déjà dans mes placards et  diversifier notre alimentation. Surtout avec l’arrivée d’un deuxième enfant (cf point 1). En ce moment, mon mari et moi sommes à la maison, et assurer le repas du midi en plus de celui du soir se révèle représenter beaucoup de boulot (deux fois plus en fait, hey  hey ! ). Cette situation va se prolonger avec le congé maternité. D’où la nécessité pressante de mieux nous organiser. Je vais déjà commencer par faire des listes d’associations de produits et de recettes que je fais régulièrement. Ex: nouilles soba + légume vert + poisson gras / ratatouille + oeuf + riz / pâtes complètes + épinards + citron and so on and so on.

6.    Continuer à diminuer les sucres rapides pour mon bien-être et celui de ma peau. J’ai déjà fait le switch vers des féculents complets pour le pain, les pâtes, le riz et le couscous, ou vers des céréales à IG bas comme l’épeautre ou le sarrasin. Je continue bien sûr à utiliser des féculents “blancs” lorsque les recettes le demandent, comme pour un risotto. Mais j’apprécie énormément le petit goût rustique des pâtes intégrales, qui font fait beaucoup de progrès, ou encore des pâtes à l’épeautre qui s’accommodent très bien de recettes aux légumes.

7.    Continuer à consommer dans la mesure du possible local, de saison et frais. Au cas où vous douteriez encore de l’impact négatif de la consommation de tomates en plein hiver, outre le fait qu’elles n’aient aucun goût, je vous conseille cet article du Monde sur la menace que l’agriculture intensive fait peser sur la réserve andalouse de Doñana. D’où l’intérêt de mon magnifique calendrier des saisons Papier Tigre. Il en existe des sympas en version pdf sur le web, à imprimer. Je me tâte sur les différentes options d’approvisionnement entre Le Comptoir Local, La Ruche qui dit Oui, ou encore Au bout du champ qui a récemment ouvert une boutique près de chez moi.

8.    Publier plus de posts sur ce blog.

9.    Manger du bon chocolat.

10.    Faire péter de temps à autre cette belle vision fantasmée de mon assiette  en faisant n’importe quoi.

ps : bonne année

Ariane Grumbach, une assiette sereine

Tomates datterino, en provenance directe de la Sicile via Rap Epicerie

Tomates datterino, en provenance directe de la Sicile via Rap Epicerie, 4 rue Fléchier, Paris 9, la Mecque des produits italiens, sans les bousculades.

Je profite de ce bel été indien pour en faire durer les plaisirs: tomates au goût de tomate (incroyable!), figues et mirabelles, entre autres. Très peu, voire pas de chocolat. En été, je n’aime pas en manger, je ne suis peut-être pas une vraie accro après tout, et ce blog qu’une vaste usurpation. Je préfère manger une tranche de pastèque juteuse, ou n’importe quoi parsemé de menthe fraîchement ciselée et de zestes de citron (remember?). Je ne suis pas la seule, la baisse de consommation est notable en période estivale. Rien de bien surprenant.

J’avais donc envie de partager quelques réflexions échangées avec Ariane Grumbach sur l’alimentation. Ariane est diététicienne, cadre repentie reconvertie. Vous avez peut-être lu son interview par Camille Labro dans un récent M du Monde (la gloire), et testé sa recette de tarte aux pêches . Je vous recommande aussi son flux Instagram, qu’elle a démarré pour montrer à ses clients comment varier son alimentation au quotidien, en suivant les saisons. C’est une vraie source d’inspiration.

J’avais tenté mon va-tout et l’avais contactée au titre d’ancienne camarade de la même école de commerce pour comprendre son parcours de reconversion professionnelle, et en tirer pourquoi pas quelques enseignements. Chantre du plaisir à table, elle ne pouvait que me plaire. Et un fil en démêlant un autre, je lui ai proposé de poursuivre notre conversation autour du chocolat lors d’un deuxième rdv, ce qu’elle a accepté pour mon plus grand plaisir.

J’ai eu le droit à cette occasion à une attention délicate, peut-être héritée de ses nombreux voyages au Japon, à savoir une tablette de Cacao Cusco de Bonnat, qui en disait long sur ses choix – excellence, terroir, approche vertueuse. Elle m’a accompagnée toute la semaine qui a suivie, précieusement emballée, et grignotée petit à petit.

Le chocolat s’est révélé être un point de départ intéressant car il tient une place particulière dans la liste des aliments de notre quotidien. Très chargé d’affect, il focalise souvent nos névroses alimentaires et incarne bien les contradictions du rapport de l’humain à la nourriture, sujet passionnant et inépuisable.

Elle m’a raconté que de très nombreux clients n’en achetaient pas pour ne pas en avoir chez eux et être soumis à la tentation, voire succomber à de violentes compulsions alimentaires. C’est un comportement que je connais bien. Quand j’étais plus jeune il m’arrivait régulièrement de faire des raids sur les biscuits industriels, Pim’s, paille d’or, Kango, you name it. Mon alimentation et mon rapport à mon alimentation ayant évolué, dans le bon sens je l’espère, je craque sur d’autres choses. Résister à du praliné me demande un mental de moine shaolin et la durée de vie de granola, de fruits secs, ou de (bonne) glace tend vers zéro lorsque j’en ai chez moi.

Les injections contradictoires et définitives – sans lactose, sans gluten, sans sucres, cru, superfoods…- de médecins gourous relayés par la presse n’aident pas franchement à y voir clair. Loin des diktats, Ariane Grumbach préfère guider ses clients vers l’écoute de leurs sensations, et le plaisir du goût. Elle les aide à apprécier certains produits pour leur saveur, et non pour les représentations de réconfort qu’ils véhiculent. D’ailleurs, depuis que je tiens ce blog et ai développé de la distance par rapport au chocolat, j’en mange paradoxalement moins, et je m’attache beaucoup plus à sa qualité. Tout comme Ariane, je suis convaincue que lorsque les aliments sont goûteux, de saison, de qualité, ils nous apportent plus de satisfaction, et appelle moins la quantité. Mes dépenses alimentaires ont clairement pris du plomb dans l’aile, mais je préfère lorsque je peux me fournir à de bonnes adresses. Facile quand on habite pas très loin de la rue des Martyrs, qui nous pourvoie en beaux et bons commerces de bouche, à condition d’avoir un métier relativement rémunérateur, ou des enfants ayant une carrière de top model chez Jacadi.

J’en suis encore assez loin, mais je tends vers cette sérénité. SI vous souhaitez en savoir plus sur son approche, vous retrouverez la vision généreuse de l’alimentation d’Ariane Grumbach, et sa bienveillance dans son livre La gourmandise ne fait pas grossir!, paru récemment aux Editions Carnets Nord.