Les miscellanées de janvier

J’aime bien ce format de trucs intéressants, glanés à droite à gauche et jetés comme ça pêle-mêle en pâture au web. Je vais essayer de m’y tenir. Je démarre avec janvier. Mais, nous sommes en février vous dites-vous. Bien vu Sherlock ! Justement, c’est le moment pour faire le point sur ce mois de janvier.

Les épices et préparations Beendhi

epice masala et riz noix de coco
Le masala de Bena Paradin pour Beendhi et Roellinger, et en arrière plan le joli rose indien du riz à la noix de coco du Kerala

Ils font partie de mes favoris de placard depuis un petit bout de temps. Les produits Beendhi sont canon. Il s’agit de préparations de cuisine indienne faits à partir de produits bio. J’aime beaucoup leurs riz, à faire simplement au rice cooker, qui sont parfaits avec des légumes, pour changer des riz classiques. Les lentilles à la noix de coco, la semoule d’épeautre aux courgettes et le quinoa aux légumes au sont top pour des dîners végétariens. Bonus non négligeables, le packaging est beau. La créatrice de la gamme a été adoubée par Roellinger, donc j’ai foncé les yeux fermés. Elle a même créé toute une gamme de masala avec eux. J’utilise leur masala pour enjoliver des légumes rôtis au four. Ça marche hyper bien avec de la patate douce. Je bois des litres de chaÏ de yoga tea, sans lait merci, donc leur gamme de chaîne m’attire bien, à tester !

Les galettes de sarrasin Bio Bleud

Petite découverte chez mon Bio C Bon local, les galettes de sarrasin Bio Bleud. Avec une liste d’ingrédients courte et simple, elles sont délicieuses.C’est fait par un groupe familial en Bretagne, spécialisé dans le bio. Que demander de plus ?

Alors posons les choses toute suite : les puristes de la galette bretonne, j’en connais, ces gens-là peuvent être dangereux, ne l’adouberont pas. Elles ont une texture plus épaisse que celle de la galette classique, qui s’approche de celle du blinis. Sacrilège. C’est justement ce que j’aime. Elles sont moelleuses, c’est comme un doudou. C’est génial d’avoir ça dans son frigo, à dégainer n’importe quand. Elles passent très bien même nature, avec du beurre salé. On en dézingue un paquet par semaine.

Le Bullet Journal

Le Bullet Journal. Tout Instagramenbruisse. C’est une méthode d’organisation qui combine sur un carnet vierge le principe de l’agenda et des liste de choses à faire. C’est le propriétaire du carnet qui crée et organise les pages à sa guise, avec un système d’indexation intelligent. Inventé par un graphiste américain from les USA, cela a été popularisée en France par Solange te parle sur sa chaîne You Tube. Depuis beaucoup de personnes s’y mettent. Ayant depuis mon enfance été adepte de fiches et autres listes, ainsi que de papeterie en tous genres, j’ai été vite attirée par la chose. J’ai aussi renoué récemment avec le papier pour limiter mon utilisation de mon iPhone. J’ai toujours avec moi un cartent A5 Muji. Sorte d’embryon de bullet journal, j’y annotais mes réflexions, mes rêves, mes prises de notes lors de podcasts intéressants ou encore des brouillons de textes. Sous l’influence du bullet journal, je suis en train d’y transférer des pages de livres lus, de podcasts notables écoutés, et de mots de vocabulaire que j’aimerai ré-utiliser. J’y viens, j’y viens ! J’ai même investi, pour le plaisir il faut bien le dire, dans un set de feutres d’aquarelle (découverte totale pour moi, pourquoi personne ne m’a parlé de ça auparavant ?) dans les tons gris.

Je conserve néanmoins mon agenda digitalisé qui est synchronisé sur tous mes outils (MacBook Pro, iPad et iPhone), et qui comporte des agendas partagés avec mon mari et avec la famille avec qui nous avons mis en place une garde partagée. Concernant le volet to-do que le Bullet Journal est censé comporter, cela m’amène au point suivant :

To-do : le format parfait

outils de productivité et d'organisation
Productivité. Efficacité. Succès. Toi aussi, deviens un winner de ta vie.

Après des années d’essais plus ou moins fructueux, je crois que j’ai trouvé LE support de to-do idéal pour moi : une feuille A5 cartonnée, à petits carreaux, recto-verso, sans petit trous. C’est précis. Je désormais suis une femme heureuse et tellement productive. Au recto, ma to-do pro, au verso, ma to-do personnelle. Et je la glisse dans mon carnet Muji A5. Et bam.

Gâteau aux poires ultime : la recette ressurgie du passé

gateau poires
Recette de gâteau aux poires, la version IG bas. Parfaite pour le goûter.

Grâce à Pascale Weeks, j’ai retrouvé un des goûts de l’enface que j’avais égaré en chemin. C’est un merveilleux cadeau qu’elle m’a fait là.

J’avais quelques poires, délicieusement sucrées et fondantes, qui étaient en train de vivre leurs derniers instants. Afin de leur offrir une seconde vie, j’ai décidé d’en faire un gâteau. Je suis partie d’une recette de gâteau aux pommes tirée du livre Légumes & Tutti Frutti de Pascale. Elle m’avait l’air pas mal. J’ai remplacé les pommes par des poires, et là, stupeur & tremblements, réminiscence, madeleine, Proust en slip, le gâteau aux poires de ma grand-mère était ressuscité tel le Phoenix de ces bois.

Je n’ai pas énormément de souvenirs d’elle. Elle est décédée quand j’étais assez jeune. Je garde toutefois le souvenir de son parfum Guerlain, de son charme discret et effacé et de son tailleur rose saumon au chic suranné. Il n’y a qu’à elle que le rose saumon allait. Elle faisait une bonne cuisine bourgeoise. Je n’ai pas pu goûter à tous ses plats, seul le gâteau aux poires m’était resté. A la fin, elle le faisait toujours faire trop cuire, la faute à son Alzeihmer naissant. Mais il restait le témoignage de son amour pour ses petits-enfants.

Si vous ne connaissez pas le blog de Pascale, courez-y. C’est la big boss de 3ème niveau des gâteaux. Généralement, si vous cherchez une recette, elle l’a. Elle en a même plusieurs. Son blog compte pas moins de sept recettes de banana bread, et encore plus de recettes de gâteau au chocolat. Toutes ses recettes sont impeccables. Testées plusieurs fois, elles sont infaillibles, je lui fais une confiance aveugle.

Ce gâteau peut bien sûr être personnalisé, et c’est hautement recommandé. Les poires aiment le chocolat, les noix, les noisettes, les amandes, le thé, les épices. Je pense que ça marcherait bien aussi avec du thé chaï. À tester.

Recette pour 6 personnes

Ingrédients

  • 3 – 4 poires mûres
  • 200 g de beurre demi-sel
  • 150 g de sucre roux
  • 3 oeufs
  • 200 g de farine
  • 1 sachet de levure chimique
  • 25 g de poudre d’amandes

Préchauffez le four à 180°

Mélanger le beurre mou, le sucre jusqu’à ce que le mélange soit bien crémeux et blanchi

Ajoutez les oeufs un par un, en mélangeant à chaque fois

Versez la farine, la levure et la poudre d’amandes

Pelez et coupez les poires en petits dés, et les ajouter à la préparation

Versez la préparation dans votre moule, beurré et fariné s’il n’est pas flexible.

Mettez-le à cuire 40°. La lame d’un couteau doit ressortir sèche.

Version à faible index glycémique

J’ai refait ce cake pour des amis, en version plus digeste et saine. Grand succès, ça marche tout aussi bien. Seuls les ingrédients varient, la méthode de préparation reste la même.

  • 3 – 4 poires
  • 200 g de beurre demi-sel
  • 150 g de sucre muscovado
  • 3 oeufs
  • 200 g de farine semi-complète
  • 1 sachet de levure chimique
  • 25 g de poudre d’amandes complète

2018, nouveau départ

Place d'Iéna
Il a neigé à Paris. Place d’Iéna, Paris 16è

Début d’année dernière, je partageais ric-rac mes pseudo résolutions pour l’année à venir. Et bien je me suis arrêtée au point numéro 1, qui était de survivre à l’arrivée d’un deuxième enfant. Cette naissance a tout balayé sur son passage. Mon corps, ma psyché, notre équilibre familial. Dépression post-partum. Le mot était lâché. L’appel du vide absolu. J’ai commencé à réellement m’inquiéter lorsque j’ai arrêté de manger. Impossible d’avaler une bouchée. Impossible de me lever. Impossible de contenir les larmes qui coulaient le long de mes joues. Les émotions déferlaient, et rien ne pouvait les arrêter.

La mobilisation incroyable de ma famille et un accompagnement dédié m’ont aidée à sortir du tunnel. Ce n’est pas à négliger. C’est une maladie qui nécessite d’être prise en compte et en charge. Aujourd’hui ça va.

Je partage cela ici car c’est tout d’abord mon espace, et parce que j’en ai assez de la pression explicite et implicite qui tourne autour de la maternité. J’aime mon fils, il est merveilleux, mais ce n’est pas pour autant que c’est un moment d’épanouissement ultime. Arrêtons avec la présomption que la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, l’éducation sont des choses naturelles. Cela ne veut strictement rien dire. Au contraire, cela s’apprend. Arrêtons avec les attentes de la mère parfaite, qui adore s’occuper de son enfant et qui est la mieux placée pour le faire. C’est faux. Arrêtons avec la pression véhiculée par les réseaux sociaux et largement internalisée par ma génération qu’il est simple d’avoir des enfants, un job épanouissant, cuisiner sain & bio, les habiller coordonné, avoir une ligne impeccable et en plus courir béatement de joie. C’est absurde. Fin de la parenthèse. Je la rouvrirai peut-être plus longuement.

Autant dire que tout le reste a été vite relégué au deuxième, voire au troisième plan. Nous avons fait appel plus que nécessaire à Picard, Frichti, Deliveroo. Un conseil : amenez aux jeunes parents des plats faits maison. Le meilleur cadeau du monde. Ah si, nous avons étrenné et intégré dans nos habitudes un rice cooker. Juste génial.

Dernier effet collatéral de cette période compliquée, j’ai replongé dans le sucre. Lorsque je suis fatiguée, je vis dans l’illusion que cela m’apporte de l’énergie. Alors que c’est tout le contraire. De surcroît ça me flingue la peau. Que voulez-vous, encore une fois c’est transitoire, et je redescends tout doucement. Noël ne m’a pas aidée, c’est la période de l’année pendant laquelle je me régale de chocolats, de gâteaux et de glace (oui, oui, la marron glacée – poire de Berthillon est à se damner). Je crois que cette période offre tout ce que je préfère : le panettone, le stollen, les marrons glacés, le chocolat, le praliné…

Donc pour 2018 mon plan est simple. Je reprends la liste de 2017, et j’y ajoute trois ingrédients essentiels :  de la sérénité. du calme. du bonheur en famille.

Aussi bon cru que cuit, qui l’eût cru ?* 

Sélection de chocolat cru RRRaw
Petite sélection pan pan cru cru

Une amie charmante, qui tient à ma santé et à ma joie de vivre, m’a récemment offert du chocolat cru. Il ne venait pas de n’importe où. Il était estampillé Rrraw, la marque lancée par Frédéric Marr, un des hérauts du chocolat cru en France bien connu des crudivores. Depuis quelques années déjà, la Rraw Cacao factory accueillait les aventuriers du goût à Montreuil. Les parisiens hard-core peuvent désormais se réjouire, ils n’ont plus à traverser le périphérique pour se procurer ce produit fragile. F. Marr a transporté son atelier-boutique en plein coeur de la Silicon Sentier, dans le 2ème arrondissement. Les start-uppers en manque d’énergie peuvent booster leur productivité avec ses produits préparés à partir de cacao cru. Le PIB français peut le remercier.

Le cacao cru a le vent en poupe. Il a commencé sa carrière d’ingredient star en Californie, véritable pépinière de talents (kale, quinoa, baies de goji…). Il est paré de toutes les vertus. On le dit riche en flavonoïdes antioxydants et chargé en minéraux dont le fameux magnésium censé nous détendre. Comme il n’est pas chauffé, ses précieuses qualités nutritionnelles sont préservées. F. Marr veille aussi à ce que le circuit de fabrication et la vente soient court.

Je vous vois venir. Ne nous leurrons pas. Manger du chocolat reste un plaisir. Et si vous êtes carencé en magnésium ou que vous avez envie d’en prendre un peu plus, c’est plus efficace de faire une cure de magnésium marin.

Il est enfin souvent associé à une démarche bean-to-bar, à savoir que le chocolatier achète ses fèves, et les travaille jusqu’à la création du chocolat, maîtrisant ainsi toute la chaîne de valeur. C’est le cas ici. Les produits de F. Marr sont ultra-vertueux. Ils sont bios, vegan, sans gluten et solidaires. Ils cochent toutes les cases du bien manger actuel.

J’ai goûté trois de ses best-sellers : les truffes à la noisette, les fèves de cacao cru enrobées de chocolat cru et une tablette d’origine Pérou.

Les truffes étaient délicieuses, avec une texture joliment granulée, tout en fondant bien agréablement en bouche. Elles avaient une bonne odeur de cacao frais, et un petit goût de reviens-y. Les noisettes étaient peu présentes, j’aurai aimé un goût un peu plus prononcé.

Je les recommande donc à tous. Les deux autres produits s’adressent eux à des palais plus avertis. Le cacao cru n’est ni torréfié, ni conché. Cela veut dire qu’il n’est pas cuit, et ne développe donc pas d’arômes tertiaires. Il n’est pas non plus longuement malaxé afin d’obtenir une texture la plus fine possible. Il est donc râpeux, très éloigné des canons soyeux connus en France.

Les fèves de cacao cru enrobées étaient très astringeantes, avec des notes incroyablement fruitées et florales, très fraîches. Elles fondaient avant de craquer sous la dent, procurant beaucoup de sensations. Cela donnait une très belle longueur en bouche, mais c’est un plaisir particulier. Idem pour la tablette, son goût était puissant mais cela peut dérouter certains qui n’ont pas l’habitude de ce type de produits.

Cela vaut le coup de tester pour se faire une idée.

Vous pourrez trouver les chocolats Rrraw dans l’atelier-boutique et en ligne

http://www.rrraw.fr 

8 rue de Mulhouse, 75002 Paris

 

 

* Est-ce que vous vous souvenez de la campagne de pub de ce produit hallucinant ? Je pensais que c’était une farce. Dieu merci, les consommateurs ont eu un minimum de jugeote, et ce produit a disparu de nos rayons de supermarché.

Toute première fois, toute toute première fois

Livre Faites votre pâtisserie comme Gaston Lenôtre
Regardez-moi cette belle goule joufflue !

 

Tendres lecteurs Milka,

Il y a forcément un livre qui vous a donné envie de manger, de cuisiner, voire de faire les deux. Ça va ensemble. Pour moi c’est Faites votre pâtisserie comme Lenôtre, de Gaston Lenôtre.

Ce livre faisait partie de la bibliothèque culinaire de mes parents, sélection réduite aux essentiels mais plutôt bien construite. Ma mère avait du l’avoir comme cadeau de mariage, tout comme le mythique Françoise Bernard, son pendant salé. Sa couverture orange, vivifiant legs des années 70, tranchait nettement sur l’étagère. J’adorais le visage joufflu et rosé de Gaston Lenôtre, et son large sourire. Il portait une belle toque d’un blanc immaculé. Il présentait un sublime kouglof d’un air triomphant. Véritable défi technique, il représentait la promesse des délices sucrés qu’il mettait soudain à portée de fouet de toutes les ménagères françaises.

Saint Honoré, Concorde, Feuille d’Automne, Fraisier etc., tous les monuments de la pâtisserie française, dont ses créations, y figuraient. À mille lieux des livres de cuisine actuels qui combinent photographies colorées, anecdotes personnelles et mise en scènes travaillées, ce livre n’avait presque pas de photos, et se contentait des recettes, énoncées sans commentaires superflus. Pape de la pâtisserie française, Gaston n’avait pas besoin de ces chichis. Il avait posé les bases théoriques de son métier, définissant son vocabulaire et sa grammaire.

C’est dans ce livre que j’ai pour la première fois suivi une recette de gâteau. Je ne l’avais pas choisie au hasard. J’avais pris le best-seller de ma mère, la Tarte Tatin. La quantité indécente de beurre et de sucre qu’elle contient donnerait des vertiges aux naturopathes et diététiciens qui sévissent aujourd’hui. Je crois me souvenir qu’il fallait une plaquette de beurre entière pour réaliser cette tarte. Cela faisait partie de ce mythe familial. Nous ne manquions pas en tout cas de le rappeler à chaque fois que nous la servions. Cela rendait ces pommes lustrées de beurre encore plus désirables.

Les relations au sein de ma famille maternelle, véritable matriarcat, se jouaient autour du sucre. Les réunions de famille se tenaient immanquablement chez mes grands-parents, le dimanche à 17h. Notre grand-mère trônait au centre de la table, entourée de sa famille nombreuse. C’était l’occasion de manger des gâteaux, des petits biscuits secs, des madeleines, des chocolats. Ce rituel se prolongeait dans la semaine, lors du thé, plus modeste et plus intime. C’était un moment privilégié, celui où s’échangeaient les dernières nouvelles et où se nouaient et se dénouaient les rivalités entre ma mère et ses quatre sœurs. Le masculin n’avait pas vraiment droit de cité. Les hommes travaillaient. Mon grand-père faisait une apparition rapide pour grignoter une galette bretonne, sortir deux trois bons mots, avant de s’en retourner à ses mots croisés du Figaro.

C’est avec cette tarte que je me suis inscrite dans cette tradition. C’est vrai qu’elle était parfaite, et si simple à réaliser. A une époque, je la faisais régulièrement. Aux dîners, je me proposais d’apporter le dessert afin de crâner avec. Selon le public, je me gardais bien de dévoiler l’origine de la recette, évoquant vaguement une source familiale, mais j’avais parfois envie de citer, comme ça, l’air de rien, le nom de Gaston Lenôtre, pensant que son prestige rejaillirait sur moi. C’était rarement le cas. Il me fallait sélectionner mes interlocuteurs avec soin pour faire mon petit effet. La pâtisserie n’avait pas encore donné naissance à ses stars et à ses émissions de télé.

Je ne fais plus cette tarte depuis longtemps mais j’ai toujours ce livre, aux pages maculées de tâches de gras. Au diable les diktats diététiques, je vais la refaire tiens. Un peu de tendresse, bordel!