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Toute première fois, toute toute première fois

Livre Faites votre pâtisserie comme Gaston Lenôtre

Regardez-moi cette belle goule joufflue !

 

Tendres lecteurs Milka,

Il y a forcément un livre qui vous a donné envie de manger, de cuisiner, voire de faire les deux. Ça va ensemble. Pour moi c’est Faites votre pâtisserie comme Lenôtre, de Gaston Lenôtre.

Ce livre faisait partie de la bibliothèque culinaire de mes parents, sélection réduite aux essentiels mais plutôt bien construite. Ma mère avait du l’avoir comme cadeau de mariage, tout comme le mythique Françoise Bernard, son pendant salé. Sa couverture orange, vivifiant legs des années 70, tranchait nettement sur l’étagère. J’adorais le visage joufflu et rosé de Gaston Lenôtre, et son large sourire. Il portait une belle toque d’un blanc immaculé. Il présentait un sublime kouglof d’un air triomphant. Véritable défi technique, il représentait la promesse des délices sucrés qu’il mettait soudain à portée de fouet de toutes les ménagères françaises.

Saint Honoré, Concorde, Feuille d’Automne, Fraisier etc., tous les monuments de la pâtisserie française, dont ses créations, y figuraient. À mille lieux des livres de cuisine actuels qui combinent photographies colorées, anecdotes personnelles et mise en scènes travaillées, ce livre n’avait presque pas de photos, et se contentait des recettes, énoncées sans commentaires superflus. Pape de la pâtisserie française, Gaston n’avait pas besoin de ces chichis. Il avait posé les bases théoriques de son métier, définissant son vocabulaire et sa grammaire.

C’est dans ce livre que j’ai pour la première fois suivi une recette de gâteau. Je ne l’avais pas choisie au hasard. J’avais pris le best-seller de ma mère, la Tarte Tatin. La quantité indécente de beurre et de sucre qu’elle contient donnerait des vertiges aux naturopathes et diététiciens qui sévissent aujourd’hui. Je crois me souvenir qu’il fallait une plaquette de beurre entière pour réaliser cette tarte. Cela faisait partie de ce mythe familial. Nous ne manquions pas en tout cas de le rappeler à chaque fois que nous la servions. Cela rendait ces pommes lustrées de beurre encore plus désirables.

Les relations au sein de ma famille maternelle, véritable matriarcat, se jouaient autour du sucre. Les réunions de famille se tenaient immanquablement chez mes grands-parents, le dimanche à 17h. Notre grand-mère trônait au centre de la table, entourée de sa famille nombreuse. C’était l’occasion de manger des gâteaux, des petits biscuits secs, des madeleines, des chocolats. Ce rituel se prolongeait dans la semaine, lors du thé, plus modeste et plus intime. C’était un moment privilégié, celui où s’échangeaient les dernières nouvelles et où se nouaient et se dénouaient les rivalités entre ma mère et ses quatre sœurs. Le masculin n’avait pas vraiment droit de cité. Les hommes travaillaient. Mon grand-père faisait une apparition rapide pour grignoter une galette bretonne, sortir deux trois bons mots, avant de s’en retourner à ses mots croisés du Figaro.

C’est avec cette tarte que je me suis inscrite dans cette tradition. C’est vrai qu’elle était parfaite, et si simple à réaliser. A une époque, je la faisais régulièrement. Aux dîners, je me proposais d’apporter le dessert afin de crâner avec. Selon le public, je me gardais bien de dévoiler l’origine de la recette, évoquant vaguement une source familiale, mais j’avais parfois envie de citer, comme ça, l’air de rien, le nom de Gaston Lenôtre, pensant que son prestige rejaillirait sur moi. C’était rarement le cas. Il me fallait sélectionner mes interlocuteurs avec soin pour faire mon petit effet. La pâtisserie n’avait pas encore donné naissance à ses stars et à ses émissions de télé.

Je ne fais plus cette tarte depuis longtemps mais j’ai toujours ce livre, aux pages maculées de tâches de gras. Au diable les diktats diététiques, je vais la refaire tiens. Un peu de tendresse, bordel!

Dix façons de préparer chocolat fèves pistaches Editions de l'Epure

Des livres pour survivre

Le temps rend mon estomac chèvre. J’alterne entre des envies de rosé/pastèque/pêche (le soleil radieux en terrasse) et de comté/vin jaune/noix (la chaleur du foyer).

Suivant mon inclinaison à me rouler sous une couette moelleuse, je me suis plongée dans la lectures de deux petits livres susceptibles de me revigorer. Dix façons de préparer le chocolat, et Dix façons de préparer la fève de cacao sont extraits de la collection éponyme éditée par Les Editions de l’Épure. J’adore le bruit que fait le coupe-papier en découpant les pages, la douceur du papier velin, la beauté des couleurs, qui en font de véritables petits bijoux à collectionner. Il en existe sur de nombreux sujets, des plus classiques comme la tomate aux plus insolites comme le fumé, les épluchures ou encore le pain sec.

Dix façons de préparer chocolat fèves pistaches Editions de l'Epure

Une jolie trinité pour démarrer une collection.

J’aime aussi qu’il proposent non pas une somme exhaustive sur un sujet, mais plutôt la vision très personnelle de l’auteur, choisis pour leur personnalité et leur expertise. Ceux sur le chocolat et la fève ont été écrits par Laurence Alemanno, la propriétaire de Chocolatitudes, une référence pour les amateurs de chocolat d’origine et artisanaux, malheureusement trop loin de chez moi.

chocolat dix façons préparer editions epure

Le doux bruit du couteau qui découpe les pages

Vous y trouverez donc des recettes exquises qui nous sortent des classiques chocolatés vus, revus et trop vus, comme un poisson pané aux fèves de cacao, un risotto salé au gré de cacao, ou encore une sorte de crème budwig au cacao qui me fait sacrément de l’oeil. J’ai donc acheté un sachet de fèves de cacao crues chez Sol Semilla pour faire joujou. Plus à venir sur ce sujet plus tard.

L’algorithme d’Amazon était bigrement bien fait, je n’ai pas pu résister à mettre dans mon panier celui sur la pistache, que j’adore, particulièrement sous forme de glace. C’est d’ailleurs le parfum qui me sert de baromètre pour juger de la qualité d’un glacier. Certains ne jurent que par la vanille, moi c’est la pistache. Lorsque je vais en Italie, je tourne à une glace à la pistache par jour.

Je vous recommande d’ailleurs une bonne adresse pour assouvir toutes les envies de pistaches, La Pistacherie au 67 rue Rambuteau (Paris 4) et au 5 place de l’Alma (Paris 8). Vous y trouverez des pistaches des amandes et des mélanges délicieux. J’ai goûtée des pistaches grecques naturellement salées par la mer qui entoure les pistachiers, tellement poétique, des amandes de Californie à la durée de vie tendant vers zéro, et un mélange muesli, correspondant plutôt à un granola d’après mes standards personnels, parfait sur du yaourt, avec de la pêche et des framboises.

L’été a gagné.

muesli granola La Pistacherie

Le granolo-müesli de La Pistacherie, parfait pour démarrer en beauté sa journée

Le biscuit de chocolat coulant de Michel Bras, la recette

Pour ceux qui ont du temps devant eux, un peu de doigté et beaucoup de patience, voici la recette du coulant au chocolat de Michel Bras. Elle est tirée du superbe livre de recettes sorti aux Editions Rouergue, un bonheur à parcourir. Les photos sont sublimes, les recettes magiques, les textes justes et forts. Les recettes sont assez complexes, associant plusieurs éléments, mais il y a beaucoup de choses intéressantes à picorer pour une cuisine du quotidien.

Bras. Laguiole. Aubrac. France

Le fabuleux Gargouillou annonce la couleur en couverture

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Nourritures célestes

Jésus est ressuscité, la France a englouti plus de 15 tonnes de chocolat et vous avez fait vos petites blagues pour le 1er avril.

Demain c’est retour à la normale. Pour continuer l’esprit lapinous je vous recommande chaudement de nourrir vos oreilles avec ces deux émissions radiophoniques de grande qualité. Merci le service public et bonne écoute.  Continue reading

Le Répertoire des Saveurs

Le Répertoire des Saveurs de Niki Segnit

Le Répertoire des Saveurs de Niki Segnit

Si vous en avez marre des sempiternels mi-cuits au chocolat, et que vous avez envie de réenchanter votre quotidien, voici une liste d’associations possibles. Le chocolat est une base extraordinaire pour sublimer son compagnon de jeu, et s’en retrouve sublimé à son tour. C’est du WIN-WIN, ce qui arrive rarement dans la vie.
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