Gâteau aux poires ultime : la recette ressurgie du passé

gateau poires
Recette de gâteau aux poires, la version IG bas. Parfaite pour le goûter.

Grâce à Pascale Weeks, j’ai retrouvé un des goûts de l’enface que j’avais égaré en chemin. C’est un merveilleux cadeau qu’elle m’a fait là.

J’avais quelques poires, délicieusement sucrées et fondantes, qui étaient en train de vivre leurs derniers instants. Afin de leur offrir une seconde vie, j’ai décidé d’en faire un gâteau. Je suis partie d’une recette de gâteau aux pommes tirée du livre Légumes & Tutti Frutti de Pascale. Elle m’avait l’air pas mal. J’ai remplacé les pommes par des poires, et là, stupeur & tremblements, réminiscence, madeleine, Proust en slip, le gâteau aux poires de ma grand-mère était ressuscité tel le Phoenix de ces bois.

Je n’ai pas énormément de souvenirs d’elle. Elle est décédée quand j’étais assez jeune. Je garde toutefois le souvenir de son parfum Guerlain, de son charme discret et effacé et de son tailleur rose saumon au chic suranné. Il n’y a qu’à elle que le rose saumon allait. Elle faisait une bonne cuisine bourgeoise. Je n’ai pas pu goûter à tous ses plats, seul le gâteau aux poires m’était resté. A la fin, elle le faisait toujours faire trop cuire, la faute à son Alzeihmer naissant. Mais il restait le témoignage de son amour pour ses petits-enfants.

Si vous ne connaissez pas le blog de Pascale, courez-y. C’est la big boss de 3ème niveau des gâteaux. Généralement, si vous cherchez une recette, elle l’a. Elle en a même plusieurs. Son blog compte pas moins de sept recettes de banana bread, et encore plus de recettes de gâteau au chocolat. Toutes ses recettes sont impeccables. Testées plusieurs fois, elles sont infaillibles, je lui fais une confiance aveugle.

Ce gâteau peut bien sûr être personnalisé, et c’est hautement recommandé. Les poires aiment le chocolat, les noix, les noisettes, les amandes, le thé, les épices. Je pense que ça marcherait bien aussi avec du thé chaï. À tester.

Recette pour 6 personnes

Ingrédients

  • 3 – 4 poires mûres
  • 200 g de beurre demi-sel
  • 150 g de sucre roux
  • 3 oeufs
  • 200 g de farine
  • 1 sachet de levure chimique
  • 25 g de poudre d’amandes

Préchauffez le four à 180°

Mélanger le beurre mou, le sucre jusqu’à ce que le mélange soit bien crémeux et blanchi

Ajoutez les oeufs un par un, en mélangeant à chaque fois

Versez la farine, la levure et la poudre d’amandes

Pelez et coupez les poires en petits dés, et les ajouter à la préparation

Versez la préparation dans votre moule, beurré et fariné s’il n’est pas flexible.

Mettez-le à cuire 40°. La lame d’un couteau doit ressortir sèche.

Version à faible index glycémique

J’ai refait ce cake pour des amis, en version plus digeste et saine. Grand succès, ça marche tout aussi bien. Seuls les ingrédients varient, la méthode de préparation reste la même.

  • 3 – 4 poires
  • 200 g de beurre demi-sel
  • 150 g de sucre muscovado
  • 3 oeufs
  • 200 g de farine semi-complète
  • 1 sachet de levure chimique
  • 25 g de poudre d’amandes complète

2018, nouveau départ

Place d'Iéna
Il a neigé à Paris. Place d’Iéna, Paris 16è

Début d’année dernière, je partageais ric-rac mes pseudo résolutions pour l’année à venir. Et bien je me suis arrêtée au point numéro 1, qui était de survivre à l’arrivée d’un deuxième enfant. Cette naissance a tout balayé sur son passage. Mon corps, ma psyché, notre équilibre familial. Dépression post-partum. Le mot était lâché. L’appel du vide absolu. J’ai commencé à réellement m’inquiéter lorsque j’ai arrêté de manger. Impossible d’avaler une bouchée. Impossible de me lever. Impossible de contenir les larmes qui coulaient le long de mes joues. Les émotions déferlaient, et rien ne pouvait les arrêter.

La mobilisation incroyable de ma famille et un accompagnement dédié m’ont aidée à sortir du tunnel. Ce n’est pas à négliger. C’est une maladie qui nécessite d’être prise en compte et en charge. Aujourd’hui ça va.

Je partage cela ici car c’est tout d’abord mon espace, et parce que j’en ai assez de la pression explicite et implicite qui tourne autour de la maternité. J’aime mon fils, il est merveilleux, mais ce n’est pas pour autant que c’est un moment d’épanouissement ultime. Arrêtons avec la présomption que la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, l’éducation sont des choses naturelles. Cela ne veut strictement rien dire. Au contraire, cela s’apprend. Arrêtons avec les attentes de la mère parfaite, qui adore s’occuper de son enfant et qui est la mieux placée pour le faire. C’est faux. Arrêtons avec la pression véhiculée par les réseaux sociaux et largement internalisée par ma génération qu’il est simple d’avoir des enfants, un job épanouissant, cuisiner sain & bio, les habiller coordonné, avoir une ligne impeccable et en plus courir béatement de joie. C’est absurde. Fin de la parenthèse. Je la rouvrirai peut-être plus longuement.

Autant dire que tout le reste a été vite relégué au deuxième, voire au troisième plan. Nous avons fait appel plus que nécessaire à Picard, Frichti, Deliveroo. Un conseil : amenez aux jeunes parents des plats faits maison. Le meilleur cadeau du monde. Ah si, nous avons étrenné et intégré dans nos habitudes un rice cooker. Juste génial.

Dernier effet collatéral de cette période compliquée, j’ai replongé dans le sucre. Lorsque je suis fatiguée, je vis dans l’illusion que cela m’apporte de l’énergie. Alors que c’est tout le contraire. De surcroît ça me flingue la peau. Que voulez-vous, encore une fois c’est transitoire, et je redescends tout doucement. Noël ne m’a pas aidée, c’est la période de l’année pendant laquelle je me régale de chocolats, de gâteaux et de glace (oui, oui, la marron glacée – poire de Berthillon est à se damner). Je crois que cette période offre tout ce que je préfère : le panettone, le stollen, les marrons glacés, le chocolat, le praliné…

Donc pour 2018 mon plan est simple. Je reprends la liste de 2017, et j’y ajoute trois ingrédients essentiels :  de la sérénité. du calme. du bonheur en famille.

Toute première fois, toute toute première fois

Livre Faites votre pâtisserie comme Gaston Lenôtre
Regardez-moi cette belle goule joufflue !

 

Tendres lecteurs Milka,

Il y a forcément un livre qui vous a donné envie de manger, de cuisiner, voire de faire les deux. Ça va ensemble. Pour moi c’est Faites votre pâtisserie comme Lenôtre, de Gaston Lenôtre.

Ce livre faisait partie de la bibliothèque culinaire de mes parents, sélection réduite aux essentiels mais plutôt bien construite. Ma mère avait du l’avoir comme cadeau de mariage, tout comme le mythique Françoise Bernard, son pendant salé. Sa couverture orange, vivifiant legs des années 70, tranchait nettement sur l’étagère. J’adorais le visage joufflu et rosé de Gaston Lenôtre, et son large sourire. Il portait une belle toque d’un blanc immaculé. Il présentait un sublime kouglof d’un air triomphant. Véritable défi technique, il représentait la promesse des délices sucrés qu’il mettait soudain à portée de fouet de toutes les ménagères françaises.

Saint Honoré, Concorde, Feuille d’Automne, Fraisier etc., tous les monuments de la pâtisserie française, dont ses créations, y figuraient. À mille lieux des livres de cuisine actuels qui combinent photographies colorées, anecdotes personnelles et mise viagra pas cher en scènes travaillées, ce livre n’avait presque pas de photos, et se contentait des recettes, énoncées sans commentaires superflus. Pape de la pâtisserie française, Gaston n’avait pas besoin de ces chichis. Il avait posé les bases théoriques de son métier, définissant son vocabulaire et sa grammaire.

C’est dans ce livre que j’ai pour la première fois suivi une recette de gâteau. Je ne l’avais pas choisie au hasard. J’avais pris le best-seller de ma mère, la Tarte Tatin. La quantité indécente de beurre et de sucre qu’elle contient donnerait des vertiges aux naturopathes et diététiciens qui sévissent aujourd’hui. Je crois me souvenir qu’il fallait une plaquette de beurre entière pour réaliser cette tarte. Cela faisait partie de ce mythe familial. Nous ne manquions pas en tout cas de le rappeler à chaque fois que nous la servions. Cela rendait ces pommes lustrées de beurre encore plus désirables.

Les relations au sein de ma famille maternelle, véritable matriarcat, se jouaient autour du sucre. Les réunions de famille se tenaient immanquablement chez mes grands-parents, le dimanche à 17h. Notre grand-mère trônait au centre de la table, entourée de sa famille nombreuse. C’était l’occasion de manger des gâteaux, des petits biscuits secs, des madeleines, des chocolats. Ce rituel se prolongeait dans la semaine, lors du thé, plus modeste et plus intime. C’était un moment privilégié, celui où s’échangeaient les dernières nouvelles et où se nouaient et se dénouaient les rivalités entre ma mère et ses quatre sœurs. Le masculin n’avait pas vraiment droit de cité. Les hommes travaillaient. Mon grand-père faisait une apparition rapide pour grignoter une galette bretonne, sortir deux trois bons mots, avant de s’en retourner à ses mots croisés du Figaro.

C’est avec cette tarte que je me suis inscrite dans cette tradition. C’est vrai qu’elle était parfaite, et si simple à réaliser. A une époque, je la faisais régulièrement. Aux dîners, je me proposais d’apporter le dessert afin de crâner avec. Selon le public, je me gardais bien de dévoiler l’origine de la recette, évoquant vaguement une source familiale, mais j’avais parfois envie de citer, comme ça, l’air de rien, le nom de Gaston Lenôtre, pensant que son prestige rejaillirait sur moi. C’était rarement le cas. Il me fallait sélectionner mes interlocuteurs avec soin pour faire mon petit effet. La pâtisserie n’avait pas encore donné naissance à ses stars et à ses émissions de télé.

Je ne fais plus cette tarte depuis longtemps mais j’ai toujours ce livre, aux pages maculées de tâches de gras. Au diable les diktats diététiques, je vais la refaire tiens. Un peu de tendresse, bordel!

Bircher Ô ma biche

Bircher muesli
Bircher müesli avec des petits dés de fruits coupés tout bien comme il faut (j’ai fait de mon mieux, merci de noter l’effort)

Tendres lecteurs Milka,

Ayant développé une légère addiction au bircher muesli à la mangue de Cojean, j’ai essayé de reproduire le bestiau à la maison pour des petits-déjeuners sexys et Instagrammables.

En vérité, je suis surtout en quête de petits-déjeuners qui me permettent de tenir jusqu’au déjeuner sans fringales. Le bircher müesli remplit le contrat haut la main tout en étant délicieux. Il est en outre facile et rapide à préparer, se fait la veille, et est variable à l’infini. Que demander de plus ? J’envisage même de le préparer à emporter lorsque je reprendrai le travail (folie).

Viens, voir, viens voir le Dr non n’aie pas peur

Ce petit bonheur matinal a été mis au point par ce bon docteur Suisse Maximilian Bircher-Benner, dont il faut savoir passer outre la photo peu amène pour apprécier les bienfaits de son invention. Je l’associe à la grande fratrie des crèmes Budwig, porridges, et autres müeslis. C’est beaucoup plus frais et sain que les muesli “secs” vendus en sachet, au goût de poussière et bourrés de sucres rapides.

Si vous lisez l’anglais, je vous recommande vivement l’article complet de Felicity Cloake sur le Guardian, qui analyse les variantes de chaque élément de la composition du bircher müesli et les interprétations de quelques restaurants phares de Londres. J’ai rarement rencontré ce plat à la carte de restaurants parisiens qui proposent des petit-déjeuners, et c’est fort dommage. Ça ne devrait pas tarder à arriver étant la récente cote de popularité de ce petit-déjeuner.

La grande tradition suisse pour une portion généreuse : 

  • 40 gr de flocon d’avoines
  • 100 ml de lait (amande pour moi)
  • 15 ml de jus de pomme
  • Le jus d’un-demi citron
  • Une pomme râpée

La veille au soir, faire tremper les flocons d’avoine dans les différents liquides, à ajuster selon votre goût, et à mettre au frigo. Le matin, râper une pomme et l’ajouter au mélange.

Petit trucs en plus pour se faire plaisir, à ajouter le matin : 

  • Des fruits frais coupés en morceaux (banane, mangue, fruits rouges, raisins etc.)
  • Des oléagineux (amandes, noix, noisettes, pistaches etc.) concassées. En poudre ça perd sa texture et entières c’est un peu trop grossier
  • Une dose de spiruline en poudre pour ajouter un peu de protéines et favoriser la satiété
  • Un peu de sirop d’agave ou de miel
  • Des épices (de la cannelle, de la vanille, la poudre des bulgares d’Olivier Roellinger etc.)

Certaines personnes ajoutent aussi du yaourt ou de la purée d’oléagineux, mais je trouve cela trop pâteux, et des fruits secs (raisins, cranberries, abricots, figues etc…), que je zappe personnellement car trop sucrés. Ou alors encore des graines de chia pour apporter un peu de texture et de moelleux (à rajouter dans ce cas-là au mélange la veille). Je ne suis pas très fan mais je ne vous jugerai pas si vous le faites.

Quelques associations sympathiques :

  • lait d’amande + poire ou pomme ou les deux + amandes
  • lait de noisettes + banane + cacao cru + noisettes
  • lait de coco + mangue + coco râpée
  • lait d’amande + fruits rouges + pistaches

… la seule limite sera votre imagination débridée.

Après ça, votre estomac aura le déhanché de Curtis Mayfair

Pimp my plateau (ou que ramener à une jeune mère à la maternité)

Délicieux plateau-repas de la maternité de Port-Royal
Désolée, ça fait un peu mal au yeux mais il faut bien affronter le réel. Instagram a rarement les faveurs de l’hôpital.  J’ai choisi le meilleur plateau des quelques jours passés là-bas, qui était le premier servi, et qui m’a donc donné de fausses joies pour la suite du séjour.

Un petit séjour express à la maternité avant l’heure, en guise de répétition générale disons, m’a inspiré ces quelques recommandations. Il faut bien que je contente de temps à autre ma Nadine de Rothschild intérieure, qui a sauté de joie à l’idée de dispenser ces quelques conseils.

Le milieu hospitalier n’est pas franchement propice à des experiences gastronomiques de haut vol. Certes, les plateaux-repas ont été grandement améliorés. Il faut reconnaître que mon expérience récente a été très honnête, à une exception près (oeufs durs et épinards bouillis, hard core). Avec 78 000 repas servis par jour, et une centaine de régimes spécifiques, il semble compliqué pour l’AP-HP de faire dans la subtilité. La restauration de collectivité s’épanouit dans tout un ensemble de contraintes logistiques, sanitaires et économiques. Les grands chefs sont prompts à signer des menus sophistiqués pour les classes Business des compagnies aériennes, mais ils gagneraient peut-être à se pencher sur cette problématique qui ne manque pas d’intérêt. Un menu signé Frechon ou Marx m’aurait bien branchée. Il semble tomber sous le sens qu’une alimentation qui apporte du plaisir doit favoriser le bien-être, et donc la guérison. Des chercheurs ont du largement se pencher sur le sujet. Dans mon cas, c’est très net sur le moral. Rien ne me déprime plus que de manger des aliments mous, fades et et sans contours.

J’ai donc demandé à mes visiteurs de me ramener quelques produits bien choisis pour améliorer mon ordinaire. Si une jeune femme de votre entourage accouche bientôt (aka une parturientes dans le merveilleux langage poétique de la médecine), je vous recommande chaudement de leur amener des bons produits pour leur séjour à la maternité. Ça sera de surcroît bien plus utile qu’un énième body 1 mois, voire, pire, qu’un millionième doudou :

  • Du bon pain de campagne ou de seigle tranché pour le petit-déjeuner, qui se conservera un peu mieux que de la baguette. Le pain industriel peut flinguer n’importe quel repas.
  • Quelques sachets de bon thé, au lieu de la poudre insipide servie au petit-déjeuner
  • Quelques fruits frais de saison
  • Quelques douceurs comme une tablette de bon chocolat, des biscuits secs, de bons fruits secs ou encore leur friandise préférée (barre Kinder pour moi please).
  • Et pourquoi pas un petit jus de fruits et légumes frais attrapé à la cantine bio du coin?

Les jeunes mères apprécieront aussi sûrement les produits interdits pendant la grossesse, par simple effet boomerang : sushi, saucisson, vin rouge etc. Mon meilleur souvenir pour la naissance de ma fille reste une part de hachis parmentier maison à J+3, qui avait le goût du ciel. Les césarisées devront fournir encore un ultime effort avec un à deux jours de l’affreux régime BYC, les trois lettres de la terreur (Bouillon Yaourt Compote) avant de se livrer à corps perdu dans une orgie de fromages au lait cru.

Minute astuce : le rebord de la fenêtre peut faire office de frigo lorsque les températures s’y prêtent (astuce repérée lors de ma dernière visite à ma grand-mère en maison de retraite. Un de ses petits camarades s’était fait une jolie collection de bouteilles bien frappées, le petit fripon).

C’est aussi valable pour des personnes hospitalisées. Tout ceci est bien sûr à adapter aux goûts personnels, à la durée du séjour et à un régime alimentaire spécifique si c’est nécessaire.